Aide-toi le ciel t'aidera

Traduit en français par "Du sang et des larmes" ce film inspiré d'une histoire vraie relate une opération commando (Red Wing) qui tourne mal en Afghanistan, avec le point d'orgue dramatique le 28 juillet 2005.

Pour les lecteurs fans de Jerry Lee Cooper parmi vous qui auraient déjà lu ma critique de Captain Philips, je ne vais pas revenir sur mon instinct de défense qui ressurgit dès que le storytelling se fait trop idéaliste. Avec ce film qui m'a fait passer, je l'avoue, un bon moment, on retrouve immanquablement toutes les ficelles du cinéma américain :

  • Une solidarité à toute épreuve : l'esprit d'équipe, et plus encore l'esprit de corps, aux states, c'est sacré
  • Un patriotisme toujours plus éclatant : le nombre de références à l'Oncle Sam est impossible à suivre
  • Un respect et une perpétuation des valeurs irréprochable : mariage, enfants, amis...
  • Une humanité empreinte de fragilité, c'est d'ailleurs ce qui va perdre ces Marines, ainsi que ceux qui vont venir en hélicoptère malgré le danger, et qui vont laisser leur vie dans leur tentative de sauvetage,
  • Un sens de la mise en lumière dramatique : sans l'aide d'un local (Mohammad Gulab, lire http://www.cbsnews.com/news/how-an-afghan-and-a-navy-seal-became-brothers/) qui va déclencher la furie dans son village en évoquant le Pashtunwali, il n'y aurait pas de survivant. Ce dernier d'ailleurs ne manque pas de remercier éperdument son sauveur afghan.

Une affaire de soldats

Les images sont belles et la mise en scène très fluide. La troupe de Marines fonctionne très bien. Les combats sont très bien filmés, avec peut-être un côté légèrement surhumain, même pour des hommes si bien entrainés (le film comporte une longue introduction sur les séances d'entraînements militaires). En effet, la plupart d'entre eux sont blessés par balle à plusieurs reprises mais continuent, et avec les chûtes qu'ils endurent (j'ai eu mal pour eux) on se demande comment ils peuvent se relever plusieurs fois de suite face à une adversité surnuméraire et plus lourdement armée.

En plus du survivant, deux autres soldats incarnent le modèle de bravoure militaire, l'un, blessé, qui escalade les rochers et remonte là où sont concentrés la plupart des soldats talibans pour demander une aide radio, et qui finira criblé de balles après avoir réussi la mission qu'il s'était fixé; l'autre blessé à mort qui finira par s'adosser à un arbre en tuant encore plusieurs ennemis, et qui connaîtra presque une fin heureuse, c'est à dire qu'il rendra son dernier souffle avant de recevoir une balle en plein front. On peut difficilement rendre un plus bel hommage.

La séquence finale de rapatriement médical en hélicoptère n'est pas sans rappeler le superbe monologue de Platoon : http://youtu.be/OzVKG4b7EjU

Le film se finit sur un long diaporama (photos mais aussi petites vidéos) des héros tombés au combat lors de l'affrontement qui a inspiré "Lone Survivor". Un moment toujours difficile à passer alors que les images "de reconstitution" sont encore ancrés dans la mémoire. Regarder tous ces visages défiler, qui avec leurs enfants, qui avec leurs épouses, qui avec leurs frères d'armes, ne peut laisser de marbre. Avec une interprétation magnifique de "Heroes" de David Bowie.

Et c'est justement ce que je reproche à cette mécanique filmique. Disons qu'il n'y a pas de surprises, malheureusement. On pleure à la fin. C'est obligé.

Témoignages

On trouve de très nombreux sites dédiés aux héros tombés pour la patrie américaine, ainsi que de nombreuses pages Facebook, etc.

Vous retrouverez ceux de l'opération Red Wings sur le site officiel http://www.lonesurvivorfilm.com/site

RIP